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  • Jee Yung Caillaux

Comment se comporter face à la rivalité frère/sœur

Actualizado: oct 2

La rivalité frère et sœur, voilà un gros sujet! Lorsque l’ainé a 1 an, on le regarde et on se demande à quand le deuxième?. Car, évidemment, avoir un frère ou une sœur avec qui jouer, c’est beaucoup mieux pour l’enfant. C’est comme lui offrir un cadeau pour la vie, avec lequel il ne se sentira jamais seul. D’un autre côté, il prendra moins de notre temps, à nous, les adultes… Du coup, que des avantages! Et oups, à peine le bébé arrivé…



«Moi j’aime pas le bébé!» «Mais voyons, ne dis pas ça! C’est ton frère… tu l’aimes assurément!»

…la jalousie et les disputes commencent.

Être le parent d’un enfant, c’est un défi. Mais lorsque le second et le troisième arrivent, on multiplie les interactions possibles et le niveau de difficulté vient de faire un bond. Sans compter les différences de tempérament pour ces enfants qu’on élève de la même façon, avec les mêmes valeurs! Ces enfants sont régulièrement en situation de compétition, de comparaison et cherchent l’attention de leurs parents.


L’HISTOIRE DE PAUL ET ÉRIC


Je vais vous raconter l’histoire de deux petits garçons, Paul et Éric (prénoms fictifs), âgés respectivement de 9 et 4 ans. Éric souffre d’allergies alimentaires sévères et ne peut manger de noix. Un soir, après s’être lavé les dents, Paul, le grand frère, propose au cadet de manger une barre tendre à l’insu des parents, précisant qu’elle ne contient pas de noix. Éric déguste en cachette la barre dans son lit. Lorsqu’il a terminé de la manger, Paul lui avoue qu’en fait, il y avait des noix dans la collation. Éric panique et se couche en pensant qu’il y a de grands risques à ce qu’une allergie se déclenche et qu’il puisse mourir étouffé. Il est mal pris. Il ne peut pas en parler à ses parents puisqu’il vient de faire cela en cachette…

Comme on s’en doute, Paul a menti : il n’y avait pas de noix dans la barre tendre. Voilà un petit jeu dont le grand frère ne mesure pas les répercussions négatives. Comme c’est triste et désolant d’imaginer l’impact sur le petit frère. Des histoires comme celle-ci, on en a peut-être dans notre propre histoire de fratrie. Le frère ou la sœur d’un enfant peut devenir facilement son ennemi numéro 1 et rendre la vie de ce dernier terriblement malheureuse. Les parents doivent toujours être très vigilants à la manière dont les enfants se parlent et interagissent entre eux.


CHAQUE ENFANT EST UNIQUE, PAS L’ÉGAL DE SON FRÈRE


Ce que propose le docteur Haim Ginott, pionnier de la communication bienveillante aux enfants, c’est tout d’abord de ne pas considérer tous les enfants de la fratrie comme étant égaux, mais plutôt comme des êtres distincts. Ne pas donner de façon égale, mais plutôt de donner autant que chaque enfant a besoin. Par exemple, donner une même quantité de biscuits, c’est parfois en donner trop à celui qui a moins faim et pas assez à celui qui a grandement faim. En donnant adéquatement à chaque enfant, ce dernier intériorise qu’il aura toujours autant qu’il a besoin (dans la mesure du possible) et ce, dans les sphères importantes de sa vie (je ne parle pas de bonbons et de biscuits!!). Sentir qu’on répondra à nos besoins de manière adéquate peut diminuer grandement la rivalité frère et sœur surtout en ce qui à trait aux conflits matériels.


DU TEMPS PASSÉ EN TÊTE À TÊTE ENTRE UN ENFANT ET UN PARENT


Cela peut être 20 minutes tous les soirs ou une sortie spéciale avec papa… Peu importe la formule! Si possible, essayez, vous aussi, de vous faire plaisir en choisissant une activité que vous trouverez amusante. Le secret réside dans le plaisir!! Essayez-le et vous verrez! J’en parle davantage ici.


LA COMPARAISON À PROSCRIRE


«Pourquoi ne peux-tu pas être aussi bien habillé que ton frère? Lui, il est toujours si bien habillé, le pantalon parfaitement mis et les cheveux peignés!»

Ça nous est tous arrivé de comparer nos enfants entre eux pour instaurer LE BON comportement à celui qui ne coopère pas. Très vite on se rend compte qu’on obtient rarement le résultat escompté mais qu’en plus, on met en place les germes de l’animosité dans la fratrie et voir même un désir de compétition entre les enfants. Généralement, aucun des 2 enfants cités dans la comparaison ne se sent adéquat.


LES MATHS, C’EST BIEN A L’ÉCOLE, MAIS PAS TROP EN FAMILLE


L’utilisation des mathématiques, matière pour laquelle j’ai une grande vénération, ne favorise pas l’intégration de l’humanité dans une famille. Un autre exemple, celui de ma seconde fille Yuri lorsqu’elle était en troisième année. Elle est très rapide pour faire ses devoirs et je lui demande souvent de mettre la table pour le souper. Un jour, en rouspétant, elle me demande pourquoi je lui demande toujours à elle et me propose de le faire une fois sur 3 (puisqu’elles sont 3 enfants!). Je lui réponds qu’elle m’aide beaucoup en faisant cela et que malheureusement ses sœurs ayant plus de devoirs (pour la grande) et trop jeune (pour la petite sœur); je compte sur elle. Par contre que je lui rappelle que lorsqu’elle a besoin d’aide pour réaliser certains bricolages ou pratiquer sa flûte, sa grande sœur est toujours là, sans jamais compter le nombre de fois… Voilà une belle manière d’enseigner que nous sommes tous distincts. Nous avons nos forces, nos faiblisses et l’humanité apprise de cette manière améliore les relations en profondeur dans une famille; plus de compassion, moins de conflits de toutes sortes. C’est ce que j’appelle l’intervention à long terme.

Alors vous avez compris, le « pile ou face » (utilisation des statistiques) ce n’est pas ma tasse de thé! Je préfère qu’on prenne un peu plus de temps pour argumenter et que celui qui peut, fasse un petit compromis de plus pour arriver à une solution qui fasse l’affaire de tous! Et parfois, c’est moi, la maman qui fait un gros compromis de plus… Nous sommes aussi des enseignants d’humanité!


EN CONCLUSION


Pour approfondir le sujet: J’anime une série d’atelier à HOMAthérapie. Voir: thérapie pour enfants et pour parents

Je recommande vivement: Haim Ginott, la personne dont les ouvrages ont le plus influencés ma vie de psychologue, de maman et d’être humain : découvrez-le sur Wikipédia.

Références: Faber, A., & Mazlish, E. (2001). Parents épanouis, enfants épanouis. Relations Plus. Faber, A., & Mazlish, E. (2001). Frères et sœurs sans rivalité. Relations Plus. Ginott, H. G. (1965). Between parent and child.

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